Nous avons eu droit ces derniers jours à un beau battage médiatique au sujet du site de présentation du paysage religieux en Suisse, qui porte le doux nom de Religionslandschaft Schweiz. Les médias ont en largement parlé: 20 minutes, la Tribune de Genève, Juste Ciel, la Conférence des évêques, etc.
En gros, on nous a balancé la rhétorique officielle: C’est bien parce que ça plaît aux Américains. Pourquoi pas, mais il faudrait parfois réfléchir à ce que l’on fait. Et, quand on est journaliste, à ce que l’on relaie… Quelques éléments:
- Selon toute logique, lorsque l’on s’adresse à des Américains, on choisit comme nom de domaine www.religionslandschaft.ch. C’est particulièrement limpide aux oreilles du surfeur californien comme à celles du mormon de l’Utah.
- Comme on est cohérent, on choisit par défaut la version en allemand.
- Bien entendu, on communique sur le sujet avant d’avoir réalisé une version francophone. Au lieu d’attendre deux mois et un site complet.
- Comme on est très informé, on lit la page relative aux langues par nombre de Wikipédia et on fait passer l’allemand avant le français. C’est logique, il y a 2 fois moins de germanophones dans le monde.
- Pour plaire à nos amis américains, on choisit un code typographique très suisse. J’aime beaucoup Frutiger ou l’Helvetica, mais ça n’a rien à voir avec ce à quoi les internautes américains sont habitués!
- Comme si cela ne suffisait pas, on choisit des images franchement pourries, en noir/blanc de mauvaise qualité. Visiblement, le n/b n’est pas un choix esthétique, mais une numérisation de vieilles plaquettes paroissiales… Si Ansel Adams a visité les parcs nationaux US, il n’a malheureusement pas sillonné le patrimoine religieux de Suisse.
En bref, on annonce avec une belle campagne de presse un site web lamentable. J’aimerais bien savoir comment on peut valider un tel brouillon du côté de Suisse Tourisme, le FEPS, la CES, etc. Pardon, on s’adresse aux Américains, on ne parle pas de brouillon, on les attire avec un work in progress…