En principe, sur chaque œuvre de l’esprit s’applique un droit d’auteur. Cela nous semble logique, même si cela n’a pas toujours été le cas.
Au milieu des années 80 est né le logiciel libre, puis la licence GPL et ses 4 principes: utiliser, étudier, redistribuer, modifier. En résumé, des programmeurs ont décidé de fixer des droits et des devoirs a priori sur leurs logiciels. En découvrant leur production, vous savez ce qu’ils vous permettent d’en faire, ce que cela implique pour vous, ce qui est interdit, etc.
Dans un cadre plus général, l’initiative Creative Commons a été lancée. Elle rend possible le choix de plusieurs licences, en fonction de briques que l’on assemble:
- l’auteur est toujours cité (by)
- l’œuvre peut être modifiable ou non (nc = pas d’utilisation commerciale)
- il est permis ou non de faire une utilisation commerciale de l’œuvre (nd = pas d’œuvres modifiées)
- quelle licence doit être appliquée aux produits dérivés (sa = conditions identiques)
En associant ces différents éléments, on peut donc obtenir 6 licences.
Et alors, quels sont les avantages de ce procédé, me demanderez-vous? Et pourquoi l’adopter dans un cadre plus large que les logiciels? J’y vois quelques raisons:
- Le cadre juridique de réalisation est fixé a priori. Ce qui signifie que, dès que l’on découvre l’œuvre, on sait ce que l’on peut en faire (ou pas faire).
- En conséquence, je n’ai pas à demander quoi que ce soit à son auteur, que je n’ai même pas à connaître, tant que je reste dans les règles fixées.
- Mieux, cette licence m’incite à réutiliser, modifier (si permis), commercialiser (si permis), etc. un produit qui resterait peut-être méconnu. À l’adapter à mon contexte, à l’améliorer, à le compléter, à le tenir à jour, etc.
- Cette licence permet de me protéger: en fixant un cadre clairement défini, et de mieux en mieux reconnu, j’informe précisément l’utilisateur de ses droits. Il n’est pas possible de feindre l’ignorance avec un énoncé si clair.
Dans les milieux ecclésiaux et para-ecclésiaux que je fréquente régulièrement, je constate que personne ou presque n’utilise ce genre de licence. Personne n’incite ses collègues à réutiliser ce qu’il a fait, à le modifier, à le retravailler. Pourtant, c’est bien ainsi que s’est construite la théologie, depuis la nuit des temps…
Au lieu de crier au plagiat et au pillage, on ferait mieux de fixer des règles, permissives mais claires! Notez que ce blog est sous licence CC by-sa depuis bien longtemps
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